Patricia ne supportait pas que Philippe passe des heures à s’occuper de son jardin. Et Philippe reprochait constamment à Patricia de conduire trop lentement. Dans un couple l’erreur ne serait-elle pas très souvent de vouloir à tout prix une entente absolument parfaite comme si l’on partageait son existence avec une âme soeur, un alter ego dont toutes les façons d’être seraient semblables aux nôtres, un clone, en quelque sorte ? Bien sûr les différences peuvent nous contrarier voire même être source d’agacement... Mais l’Amour n’est-ce pas selon la belle formule de Jacques de Bourbon Busset « Quand la différence ne sépare plus » ?
 N’est-il pas évident, que lorsque l’on a une personnalité suffisamment affirmée, la différence de l’autre n’est pas ressentie comme une menace éventuelle. Et dés lors on n’est pas obsédé par le besoin d’imposer sa vérité ?
     Une personne suffisamment mature ne cherche plus à contrôler l’autre que ce soit à travers la domination ou la soumission. Et lorsque les deux partenaires d’un couple ne sont pas liés par ce besoin de dominer ou de se soumettre, chacun d’entre eux peut conserver sa part d’autonomie et d’indépendance sans que le partenaire ne se sente insécurisé ! Lorsque des ajustements réciproques et des assouplissements mutuels s’avèrent nécessaires, ils se font facilement.

         Il peut arriver que la mésentente dans le couple ne soit pas faute d’amour ou d’incompatibilité profonde mais qu’elle soit faute de compréhension et surtout de communication. Les partenaires de la relation ne parlent pas suffisamment de leurs petits différends ou de leurs désaccords par crainte d’engendrer un conflit ou par souci d’éviter de se retrouver coupables d’une faute. On évite de faire une remarque pour ne pas être blâmé soi-même. Ou bien encore il peut arriver que l’on ne sache pas comment s’exprimer sans blesser l’autre.

         Mais c’est possible !

         Jacques Salomé, dans ses nombreux ouvrages, a bien expliqué que dans une relation il est capital de parler de soi, de ce que l’on ressent, sans incriminer l’autre, sans le tenir pour responsable du malaise que l’on ressent… Aussi convient-il de proscrire et de jeter aux oubliettes les récriminations du genre :

         « Tu ne me comprends jamais »

         « Tout est de ta faute »

         « C’est toujours toi qui… »